Dans une période estivale, où plusieurs régions de France ont été ravagées par des incendies catastrophiques, il n’est pas inutile de rappeler que les collines abadiennes ne sont pas à l’abri du feu.
Le passé récent ou lointain montre que presque tous les secteurs de notre terroir ont été affectés par les incendies plus ou moins importants.
Depuis le début du 21e siècle, ce sont surtout les versants au-dessus de l’Ariane et de Saint-André qui ont été touchés, fort heureusement sans trop de gravité.
Au cours de la seconde moitié du siècle dernier par contre, ce sont surtout les hauteurs abadiennes, tourrettanes et plus souvent cantaronaises, qui ont été la proie des flammes.
Si certains incendies étaient rapidement éteints, d’autres duraient plusieurs jours. De mémoire, l’un d’entre eux au Reboisat et sur le mont Ubac avait même motivé l’appui de l’armée.
On peut rappeler que jusque dans les années 1960-70, la lutte contre le feu était menée conjointement par les pompiers et par les habitants, majoritairement des agriculteurs, qui interrompaient leurs travaux pour venir prêter main forte aux sapeurs-pompiers avec pour seul matériel des scies et des serpettes avec lesquelles ils coupaient des branches de sapin afin de taper sur les flammes.
Il est vrai qu’à cette époque les moyens des services de la protection civile étaient plus limités qu’aujourd’hui : ni avions, ni hélicoptères largueurs d’eau notamment.
Autre paramètre : l’urbanisation. Jusqu’à la fin des années 1950, l’habitat abadien était presque exclusivement constitué de hameaux ; depuis lors, tous nos quartiers se sont couverts de maisons individuelles, souvent situées à proximité de bois, d’espaces boisés ou de garrigues.
De ce fait, le risque d’atteinte aux habitations est plus élevée et la priorité des soldats du feu est désormais la protection des biens et des personnes. La défense des espaces naturels est moins prioritaire. On en a eue l’illustration lors du gros incendie, qui, en 1989 a ravagé 80% de la commune de Cantaron, dont plusieurs quartiers abadiens : La Suc, Bordinas et le Masduc. Plusieurs dizaines de maisons ont été menacées, mais en définitive sauvegardées grâce à l’action terrestre et aérienne des services de la protection civile.
On ne peut hélas exclure que de tels incendies puissent se reproduire, d’où l’importance des mesures préventives, en particulier le débroussaillage alentour des bâtiments.
Nombre de feux sont d’origine accidentelle. Vigilance et prudence sont impératives. La prévention contre ce fléau est de la responsabilité de chacun d’entre nous.
DS