Souvenirs : “Les bruits à l’Abadie”

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Notre chronique “C’était avant” évoque la vie à l’Abadie dans les années 1950. La présente rubrique est consacrée au bruit dans l’existence de nos anciens à cette époque.

Aujourd’hui le bruit est devenu un sujet très prégnant, source de divers problèmes : inconvénients de voisinage, causes de maladies ou affections, contentieux, etc.

Dans les années 1950, sur nos collines, le bruit ne soulevait aucune difficulté, car les sons qui nous gênent à l’heure actuelle n’existaient quasiment pas.

Il faut rappeler qu’alors la très grande majorité des habitants étaient des agriculteurs qui cultivaient leurs terres sans l’aide d’aucune machine : pas de tracteurs ni débroussailleuse ou tondeuse.

Par ailleurs rares étaient les Abadiens possédant une voiture ou une moto.

Le bruit de la circulation était donc très limité : quelques véhicules par heure, quelques coups de klaxon, dont celui de l’épicier et du boucher signalant leur arrivée dans chaque quartier, et le son du moteur de l’autocar desservant les hameaux situés sur la partie saint-andréenne de l’Abadie. (L’autoroute et la pénétrante du Paillon n’existaient pas encore).

Dans les maisons, pas de télévision ni chaîne hi-fi, seulement la radio que l’on n’écoutait pas la nuit car il fallait se lever tôt pour les travaux agricoles.

Dès lors, qu’entendaient donc les Abadiens?

  • D’abord les cris des animaux domestiques : le meuglement des vaches, le bêlement des chèvres, le braiment des ânes, le hennissement des chevaux, l’aboiement des chiens, le chant du coq et le caquètement des poules, le roucoulement des pigeons.
  • Puis les cris de la faune sauvage : le chant des oiseaux, le sifflement des merles et autres passereaux, le jasement du geai, le cacabement des perdrix, le coucou…La nuit : le hululement de la chouette et du chat huant, le chant du rossignol, le coassement des grenouilles et crapauds, le glapissement du renard…
  • Les bruits provenant de l’activité humaine étaient peu fréquents et peu prenants : les coups de hache du bûcheron, le grincement de la scie à couper le bois pour la cheminée, le choc amorti de la houe du laboureur, les bruits de sabot des chevaux et des roues de charrettes. On percevait quelques fois la voix des cultivateurs chantonnant ou sifflant, ou se hélant.

Le dimanche les cloches de notre chapelle annonçaient la messe. Parfois hélas elles sonnaient le glas pour signaler le décès d’un habitant, ou le tocsin pour alerter à la survenance d’un incendie.

On remarquera que nombre des sons de cette époque ont disparu ou presque.

Il nous reste quand même le stridulement des cigales et le cri-cri des grillons. Espérons qu’ils nous accompagnent encore longtemps.

D.Saretta, président du SIVoM